26 Feb, 2026
LA LICOSKI ASBL
SENSIBILISE LES AGRIPRENEURS SUR LEURS DROITS ET DEVOIRS.
La Semaine
Mondiale de l’Entrepreneuriat (SME), célébrée du 17 au 23 novembre 2025, à
Genève pour sa 15 ième édition, a été placée sous l’initiative « Libérez
vos idées ». Cette semaine a eu pour objectif de réaliser une plateforme
de soutien, d’échanges d’idées et de réseautage à
toutes celles et tous ceux qui désirent réaliser un projet ou innover. A cette
occasion, des consommateurs actifs et avisés de la RD Congo, s’étaient
rencontrés pour réfléchir sur les actions de plaidoyer et de sensibilisation à
mener pour inciter les pouvoirs publics et les agripreneurs à travailler la
main dans la main afin de promouvoir la gouvernance des systèmes alimentaires
durables capable de répondre aux attentes des consommateurs des produits
alimentaires locaux (traçables, nutritifs, bios, écologiques).
Les échanges constructifs avaient porté
sur le rôle des entrepreneurs, particulièrement des agripreneurs, dans l’amélioration
durable des systèmes alimentaires en RD Congo. Il a été constaté que les
agripreneurs font face à plusieurs défis économiques persistants, aux effets du
changement climatique ainsi qu’aux différents types de conflits.
Au regard des défis cités ci-haut, ces
consommateurs avaient émis le vœu de voir les pouvoirs publics, les partenaires
techniques et financiers, les scientifiques œuvrant au sein des universités et
des centres de recherche et les propriétaires des concessions inexploitées de l’entrepreneuriat
agricole et agroalimentaire comme levier de résilience, de création d’emplois
et de souveraineté alimentaire.
A ce titre, la LICOSKI asbl ne
peut que saluer les efforts des partenaires engagés dans l’implémentation du
Programme des Systèmes Alimentaires Durables des Villes, dans et autour des
écoles en RDC. Ces initiatives contribuent à renforcer la gouvernance
alimentaire locale et à encourager l’émergence d’une nouvelle génération
d’agripreneurs déterminés à lutter pour la promotion d’une alimentation saine,
accessible et durable.
De manière générale, que
pouvons-nous retenir des droits et devoirs des agripreneurs ?
Revenant au sujet du jour, il est
important de souligner avec force que la maîtrise par les agri-preneurs
congolais de leurs droits et devoirs constitue une étape déterminante dans le changement
des mentalités et des pratiques professionnelles susceptible d’impacter le
secteur agroalimentaire. Le respect des normes, de l’éthique commerciale et des
standards pour ce qui est de la qualité est indispensable pour instaurer des
modèles des systèmes alimentaires fiables et durables.
Dans le cadre de la publication du
présent feuillet « LE
CONSOMMATEUR », l’accent est mis sur les droits et devoirs des agripreneurs qui jouent un
rôle central dans l’approvisionnement en denrées alimentaires au niveau des
villes et des milieux scolaires. Leur implication et leur engagement en faveur
d’une production durable, respectueuse des normes écologiques, est un levier
stratégique pour une amélioration significatives des systèmes alimentaires en RDC.
Chaque secteur d’activité étant
encadré par des règles, l’éducation aux droits et devoirs des agripreneurs
devient une démarche urgente sur toute l’étendue de la République Démocratique du Congo, où les systèmes alimentaires sont en panne.
L’absence d’un cadre légal cohérent et
innovant ainsi qu’une politique agricole et alimentaire claire encadrant
pleinement les activités du secteur agroalimentaire demeure un défi majeur. Il
devient donc impératif de doter le pays d’un cadre réglementaire adapté et
innovateur, capable de protéger les agripreneurs et surtout le travail qu’ils
accomplissent pour l’intérêt de la communauté.
En quoi consistent les droits fondamentaux des agripreneurs ?
La constitution de la RDC fixant le cadre général et la loi n°11/022 du 24 décembre 2011 portant principes fondamentaux relatifs à l’agriculture renseignent suffisamment sur les droits et les devoirs des agripreneurs.
S’appuyant
sur les textes règlementaires, les organisations et les syndicats des agripreneurs
se retrouvent du jour au lendemain en train de défendre leurs droits qui incluent
notamment :
1. Droit d’accès
sécurisé à la terre et aux ressources : il donne droit à l’agripreneur de pouvoir exploiter une terre sans craindre
d’être expulsé arbitrairement. Cela implique les titres fonciers clairs,
protection contre les conflits, accès à l’eau et aux intrants agricoles.
2. Droit à la sécurité physique et administrative : L’agripreneur doit exercer son activité sans subir de violences, de
menaces, ni de tracasseries fiscales ou policières abusives.
Cela renforce la stabilité des
investissements agricoles.
3. Droit au financement adapté : L’agriculture
comporte des risques (climat, maladies, fluctuation des prix). Les agripreneurs
doivent avoir accès à des crédits agricoles à taux raisonnables, droit à des
fonds de garantie et à des assurances agricoles.
4. Droit à l’information et à la formation : il donne à l’agripreneur de bénéficier d’un encadrement technique et
d’information actualisées sur les techniques modernes, la transformation et la
conservation.
5. Droit à un marché équitable : un
agripreneur doit vendre ses produits sans subir de monopole et de concurrence
déloyale.
6. Droit à la protection sociale : compte tenu des risques climatiques et économiques, il doit avoir accès à
l’assurance maladie, au mécanisme d’indemnisation en cas de catastrophe, à des
dispositifs de protection sociale.
7. Droit à la participation aux politiques publiques : il est judicieux qu’il soit consulté lors de l’élaboration des politiques
agricoles afin que les décisions tiennent compte des réalités du terrain.
Qu’en est-il alors des devoirs des agripreneurs ?
Les
droits reconnus aux agripreneurs impliquent également des devoirs et des
responsabilités. L’agripreneur ne doit pas seulement revendiquer la protection
de l’État, il est aussi tenu d’adopter un comportement responsable et conforme
aux exigences légales et sanitaires.
Les principaux devoirs de
l’agripreneur sont notamment :
1. Garantir la sécurité sanitaire des aliments : un agripreneur a le devoir de produire, transformer et
conserver les aliments dans le respect des normes d’hygiène. Eviter toute
contamination (chimique,
biologique ou physique).
Respecter les dates de péremption et les conditions de stockage. Sa priorité
est de protéger la santé des consommateurs.
2. Assurer la qualité des produits : Il doit mettre sur le marché des produits conformes aux standards,
éviter la falsification ou l’adultération des aliments et maintenir la
traçabilité des produits (origine et processus de production).
3. Respecter la réglementation alimentaire : se conformer aux lois sur la production, la
transformation et la commercialisation des denrées alimentaires. Etre
légalement enregistré et payer les taxes requises.
4. Informer correctement les consommateurs : il a la responsabilité d’étiqueter clairement les
produits (composition, poids, date, origine). Donner des informations
véridiques sur les produits vendus.
5. Protéger
l’environnement : limiter l’usage
de pesticides et d’engrais chimiques. Gérer correctement les déchets issus de
la production ou transformation, éviter la déforestation abusive.
6. Respecter les normes sociales : il doit offrir de bonnes conditions de travail aux
employés. Produire les aliments propres à la consommation.
Quel pourrait être alors le rôle des pouvoirs publics
Garantir la sécurité foncière : Mettre en place un système foncier clair pour réduire les conflits et protéger les agripreneurs.
Élaborer des politiques agricoles stables : Éviter les changements brusques de réglementation qui découragent l’investissement.
Faciliter l’accès au financement : Créer des banques agricoles, des fonds de crédit adaptés aux cycles agricoles.
Investir dans les infrastructures rurales : Construire des routes de desserte agricole, des marchés modernes, des entrepôts de stockage, des systèmes d’irrigation.
Réguler le marché : contrôler les importations abusives, lutter contre la spéculation et garantir une concurrence loyale.
Renforcer l’encadrement technique : Mettre en place des services de vulgarisation agricole pour accompagner les producteurs.
Mettre en place des mécanismes de gestion des risques : Créer des systèmes d’alerte climatique, d’assurance agricole et de soutien en cas de catastrophe.
Fait à Bukavu, le 25/02/2026
LICOSKI asbl