15 May, 2026
En
République Démocratique du Congo, l’alimentation des élèves demeure un enjeu
majeur de santé et de réussite scolaire. Entre la maison et l’école, les
parents apparaissent comme les premiers responsables de l’équilibre
nutritionnel de leurs enfants. Ils sont appelés à encadrer, sensibiliser et
garantir une alimentation saine pour faire face aux risques liés aux mauvaises
habitudes alimentaires et à la vente intempestive, informelle et incontrôlée
des denrées alimentaires autour des établissements scolaires.
La question de
l’alimentation des écoliers et des élèves en RDC dépasse aujourd’hui le cadre
familial. Elle est devenue un véritable enjeu de santé publique et de performance
éducative. Les habitudes alimentaires prises à la maison, combinées à celles
adoptées à l’école ou autour des établissements scolaires souvent dominées par
la vente informelle et désordonnée influencent directement le bien-être des
enfants.
Sont concernés
principalement les parents ou tuteurs légaux ainsi que les élèves des écoles
primaires et secondaires, particulièrement vulnérables face à la surconsommation
d’aliments peu nutritifs, trop gras, trop sucrés ou mal conservés.
D’après les
principaux résultats de l’enquête MICS-PALU 2017-2018, mettant l’accent
sur « la situation, conditions de vie et bien-être des femmes, des
hommes et des enfants en RDC », la malnutrition infantile est fortement liée aux
pratiques alimentaires des ménages. Les parents jouent un rôle central dans le
choix, la diversité et la qualité de l’alimentation des enfants. Le manque de
connaissances nutritionnelles dans les familles reste un facteur majeur de
carences alimentaires.
Appel à une responsabilité parentale renforcée
Selon le Président du Comité des Parents d'élèves du Complexe Scolaire La Fontaine de Bukavu, Docteur Lebon Barhwamire, la responsabilité parentale est à la fois multiple et stratégique. Elle commence par la préparation des repas équilibrés, comprenant des aliments énergétiques, constructeurs et protecteurs. Elle inclut aussi la gestion de l’argent de poche remis aux enfants afin de limiter l’achat de produits alimentaires de mauvaise qualité.
« Les Parents doivent sensibiliser et éduquer leurs
enfants aux dangers des aliments trop gras, trop sucrés, mal conservés ou
impropres, souvent vendus aux abords des écoles. Ils doivent également
encourager la consommation d’aliments locaux et nutritifs comme les légumes,
les fruits, les légumineuses et les céréales. La consommation du jus naturel est également et vivement
recommandée ». souligne-t-il.
Pour lui, cette
responsabilité qui incombe aux Parents devrait être permanente. Elle doit
commencer dès le petit-déjeuner, se poursuit à l’école pendant la pause de
midi, et continue le soir au dîner. Elle s’exerce donc chaque jour, sans
interruption, car les besoins nutritionnels des enfants sont à satisfaire avec
constance et discipline.
De son côté, Pasteur
Janvier Makombe, Président de la Ligue des Consommateurs des Services au
Congo-Kinshasa, LICOSKI asbl, insiste également sur ce rôle fondamental des
parents. Selon lui, l’alimentation des enfants relève entièrement de leur
responsabilité, tant en qualité qu’en quantité, mais aussi en termes d’horaires
et de lieux de consommation.
« Il est inquiétant de voir des enfants se nourrir sans encadrement ni sécurité, souvent sur la voie publique ou autour des écoles. Chaque parent doit assumer pleinement son rôle pour garantir une alimentation saine et sécurisée à sa progéniture. Un Parent qui ne s'acquitte pas de son devoir de veiller sur tout ce que sa progéniture consomme est irresponsable
Il sied de
signaler que la LICOSKI asbl mise sur l'exécution effective du Programme des « Systèmes
Alimentaires Durables dans et autour des écoles » à Bukavu et partout
ailleurs, dans le seul but de promouvoir une alimentation saine des écoliers et
des élèves dans et autour des écoles urbaines.
En RDC, les Parents
apparaissent ainsi comme les premiers piliers de la sécurité alimentaire des
enfants, à la maison tout comme à l’école. Leur engagement quotidien au côté
des formateurs de leurs progénitures reste déterminant pour bâtir une
génération en meilleure santé et plus performante.
Maguy Bapolisi/ Chargée de Communication